Églises en ruine, chapelles champêtres et croix égarées : spiritualité en filigrane
Au fil des chemins, la silhouette d’une chapelle sans toit ou d’une croix sculptée, posée en haut d’un talus, oblige à interroger l’histoire religieuse locale. Si certaines de ces structures datent d’avant la Réforme, la plupart conservent un parfum de mystère.
La chapelle de la Luss, entre mythes et réalités
Dans la forêt de Mothern, l’ancien emplacement de la chapelle Sainte-Lussine attire les férus de légendes. Selon Georges Hebel, historien amateur local, ce lieu fut tantôt ermitage, tantôt site de pèlerinage paysan, jusqu’à sa disparition totale pendant la Révolution. Il reste une stèle de grès, recouverte de mousse, et, plus étrange, les offrandes d’objets (rubans, pièces) déposées lors de certaines fêtes, malgré le silence officiel des registres paroissiaux.
Petites croix, grands mystères
Parfois, au détour d’un champ, surgit une croix en grès, simple, sans date mais usée par les siècles. Selon une tradition régionale, elles marquaient l’emplacement de faits tragiques, tel le meurtre ou l’accident (« Steinkreuz »). Un exemple subsiste près de Seltz : la Croix des Quatre-Peupliers, racontée par les anciens comme un mémorial d’une dispute funeste du XVIIIe siècle, même si le véritable événement se perd dans l’oubli.