Des ports fluviaux, carrefours d’activités disparus ou reconvertis
Seltz, port de commerce médiéval et trait d’union
La ville de Seltz, connue aujourd’hui des pêcheurs et des promeneurs du Pas-de-l’Âne, doit son essor médiéval à sa situation fluviale. Depuis le Moyen Âge, son port de Seltz servait de point de transbordement entre les échanges rhénans, les foires régionales et les routes vers Wissembourg et Haguenau. Selon l’historien local René Gutting (« Histoire de Seltz »), jusqu’au XIXe siècle, on embarquait à Seltz céréales et vins locaux vers Strasbourg ou Mayence.
- Au XVIIIe siècle, le port employait une vingtaine de personnes régulières, sans compter les saisonniers.
- En 1829, la crue historique du Rhin (source : Archives départementales du Bas-Rhin) submerge une grande partie des installations, entraînant un lent déclin.
- Aujourd’hui, il n’en subsiste que des vestiges, visibles au niveau du « quai du Rhin », appréciés des initiés lors des balades guidées thématiques.
Lauterbourg : dernier port d’Alsace… d’avant l’Allemagne
Coincée à l’extrémité orientale du Bas-Rhin, Lauterbourg fut pendant des siècles un point stratégique. Son port fluvial, actif depuis l’époque moderne, servait tout autant au transport de marchandises (bois, pierres, fruits, vin) qu’à la migration — et parfois à la fuite — d’hommes, en période de troubles.
- Dès 1730, on y recense trois auberges de bateliers (source : « Lauterbourg et son patrimoine », Livret de la Ville).
- Au XIXe siècle, les trafics de charbon et de sel se multiplient. Les registres municipaux signalent jusqu’à 400 000 tonnes transitant par le port annuel vers 1885.
- Un appontement reconstruit à partir de 1920 assure la renaissance du fret jusque dans les années 1960.
- Le vieux quai, partiellement restauré, attire aujourd’hui de rares mariniers, des kayakistes et les férus d’histoire locale.
Les petits ports oubliés de Beinheim, Mothern et Kesseldorf
Les villages de Beinheim, Mothern et Kesseldorf disposaient, à une époque où le fleuve était bien moins domestiqué, de simples débarcadères, souvent liés au commerce du bois, et à la pratique — risquée — de la pêche à l’esturgeon.
- Beinheim, jusqu’au début du XXe siècle, disposait d'une cale aménagée pour transborder du matériel agricole.
- Mothern, célèbre pour ses vastes prairies humides, a vu ses "ports" disparaître avec la canalisation du Rhin dans les années 1930 (site de la commune).
- Kesseldorf reste lié à sa "rampe" de halage, utilisée pour tirer les barques à contre-courant.