Filatures, cheminées et galeries : les sites industriels abandonnés à (re)découvrir
1. La Filature de Drachenbronn (Drachenbronn-Birlenbach)
Difficile d’imaginer, à l’orée du village, qu’ici s’étendait la plus grande filature du coin au début du XXe siècle. Fondée en 1855, la filature de Drachenbronn a employé jusqu’à 300 ouvriers, venus en tramway depuis Wissembourg ou Seltz. Aujourd’hui, le squelette de l’usine, rongé par la mousse, attire les photographes amateurs de friches. Parmi les vestiges : une puissante cheminée de brique, inscrite à l’Inventaire Général du Patrimoine, et quelques inscriptions encore lisibles sur un pignon ou une poutre rouillée.
- À ne pas manquer : La cour pavée, où l’on devine encore les rails miniatures d’un chariot industriel.
- Anecdote : Les échos des machines Coreless, si puissantes qu’on les entendait jusqu’à la grand-route, selon Auguste, 84 ans, dernier natif à avoir connu le site en activité.
- Coordonnées : Rue de l’Industrie, Drachenbronn-Birlenbach (accès libre, prudence recommandée).
2. Anciennes Salines de Seltz
Longtemps confidentielles, les salines de Seltz témoignent de l’exploitation du sel dès la fin du XVIIIe siècle. Ici, le “sel gemme” était extrait à grande profondeur. Deux puits du site originel demeurent visibles, protégés de la végétation, et quelques pans de mur révèlent la structure des bâtiments de pompage, abandonnés depuis l’entre-deux-guerres. Les ouvriers logeaient sur place, formant un hameau temporaire aujourd’hui disparu.
- À explorer : Les « buttes blanches » près du chemin de la Moder, vestiges des résidus de la cristallisation du sel.
- À savoir : Près de 800 tonnes de sel étaient extraites annuellement à la fin du XIXe siècle (source : Archives départementales du Bas-Rhin, 1879).
3. La Brasserie Fischer (Wissembourg)
Avant de rejoindre Schiltigheim, la brasserie Fischer est d’abord née à Wissembourg en 1821, dans un vaste complexe de pierre et de bois, dont subsistent encore caves et cuviers, derrière la rue du Sel. Elle a rayonné jusqu’en 1922, brassant plusieurs dizaines de milliers d’hectolitres annuellement. Visibles derrière des grilles rouillées, ses entrepôts silencieux échangent désormais leurs souvenirs contre les regards curieux des passants.
- À voir : L’imposant puits intérieur, qui donnait à Fischer ses eaux limpides et, dit-on, un goût de “pain frais” à la bière.
- Témoignage : “La caillerie, on y jouait enfants… elle sentait la houblonnière jusqu’aux années 80 !”, se souvient Monique, ancienne riveraine.
4. La Tuilerie Rauscher (Seebach)
Un peu excentrée, la tuilerie Rauscher (fondée en 1847) produit jusqu’aux années 1950 des tuiles plates si typiques des toitures alsaciennes. Aujourd’hui, la halle à fours et ses anciens ateliers de modelage sommeillent sous les arbres, un peu à l’écart du sentier des chardons. Quelques outils – presses de fonte, palettes à empreinte – parsèment parfois la terre, vestiges émouvants d’un artisanat qui a rythmé la vie de ce bout de campagne.
- À repérer : Les fours-tunnels encore intacts, parfois investis par les chauves-souris !