La transmission vivante des récits d’autrefois
Le fil rouge de la vie commerçante seltzoise, c’est la transmission : beaucoup de boutiques restent aujourd’hui (même reconverties) dans les mains des descendants de commerçants ayant traversé les deux guerres ou l’annexion allemande. Certains aiment encore raconter, de vive voix, les anecdotes du quartier.
Claude K., descendant d’une famille d’épicier, témoigne :
« Dans l’épicerie de mes grands-parents, chaque client avait son carnet. On inscrivait les achats à la craie sur une ardoise. Les règlements se faisaient souvent en œufs, beurre ou pommes, surtout pendant la crise des années 1930. »
La rue commerçante de Seltz, c’est ce livre ouvert : les traces tangibles croisent la mémoire vive des habitants, les “épiceries de quartier” devenant parfois la mémoire même du village. L’identité locale, loin de s’être dissoute dans la modernité, s’y exprime au contraire dans cette capacité à sauvegarder, partager, transmettre.