Un temps fort de transmission et d’identité
Au sein de ces festivités, le Pays de Seltz-Lauterbourg retrouve autant la ferveur religieuse que l’attachement à la langue régionale et aux vieilles coutumes. Les processions de l'après-midi – dont certaines datent, pour Lauterbourg ou Mothern, du XVIIIe siècle – résonnent encore de chants en alsacien. On y porte parfois la statue du saint patron du village à travers les rues, encadrée par les enfants en costume traditionnel ou les jeunes baptisés de l’année.
Pour certains villages comme Beinheim, la Fête Dieu (“Fronleichnam”) fait partie des moments majeurs de l’année, rassemblant jusqu’à 700 personnes (source : archives paroissiales de Beinheim, 2022). Cette transmission de gestes et de chants – dont la plupart se transmettent de bouche à oreille, de génération en génération – rappelle combien la fête paroissiale est l’un des derniers bastions où l’on parle, chante et vit l’alsacien au quotidien.
Un lieu de mémoire collective
Les anecdotes se murmurent en marge de la procession : Paul, natif d’Eberbach, me racontait qu’enfant, le clou de la Kirb, c’était la pêche à la ligne improvisée dans la fontaine du village, où les pièces de monnaie étaient remplacées par des dragées offertes par la boulangerie locale. Aujourd’hui encore, les anciens se retrouvent autour de la stèle de l’église, discutent des souvenirs de fêtes passées, se rappelant les bals endiablés “jusqu’à ce que les volets du maire claquent de fatigue”.
- La revue des anciens : Un moment où l’on célèbre les 90 ans du doyen du village.
- Défilé costumé : Enfants de chœur et fanfare parcourent la rue principale, sous des banderoles blanches et bleues.