Au carrefour de l’oralité et du geste : paroles et secrets d’initiés
De nombreux rituels se vivent aussi dans l’intimité des familles. On croise, sur les autels domestiques, des objets qui veillent sur la maisonnée : une branche de buis bénit à Pâques protège la maison jusqu’à l’année suivante, placée derrière le crucifix, ou glissée dans le grenier pour conjurer les incendies. Il n’est pas rare, lors des baptêmes ou confirmations, que des chants soient entonnés aussi en platt, ce dialecte du Rhin supérieur qui relie plusieurs générations.
Odile Lieb, historienne locale, raconte qu’à Mothern, dans les années 1960, « on ne posait jamais un chapeau sur la table avant la messe, c’était s’attirer le mauvais œil ». À Seltz, la légende veut que chaque 15 août, un rayon du soleil vienne caresser la statue de la Vierge placée dans le chœur de l’église, signe de bénédiction sur la récolte.